Lettre au Président Francois Hollande de YoSoy132Francia

Monsieur François Hollande
Président de la République Française

Paris, le 5 juillet 2012.

Monsieur le Président,

En tant que membres du mouvement mexicain « Yo soy 132 » en France, nous tenons à vous exprimer notre profond regret pour les félicitations que vous avez adressées le 2 juillet dernier à Monsieur Enrique Peña Nieto, candidat à l’élection présidentielle au Mexique, alors que sa victoire n’avait été annoncée que de manière officieuse par le Programme des Résultats Préliminaires (PREP) de l’Institut Fédéral Electoral (IFE).

Comme le montrent les médias français et internationaux, ainsi que des organisations non gouvernementales telles que Reporters sans frontières, de manière très documentée, la violence et la corruption ont sévi tout au long du processus électoral. Compte tenu de votre engagement à porter dans le monde les valeurs démocratiques de la France, nous aurions espéré que, si le protocole diplomatique vous imposait de féliciter ce candidat pour le moins controversé pour sa victoire, vous auriez, du moins, attendu le décompte officiel et la déclaration définitive des résultats pour le faire.

Nous pouvons imaginer les enjeux qui sous-tendent ces félicitations précipitées selon nous : le défi de la crise économique internationale à relever de manière concertée, et le souhait d’apaiser les relations diplomatiques avec le Mexique, fragilisées par le cas de Florence Cassez, vous ont certainement engagé dans cette démarche. Cependant, les aberrations judiciaires qui ont entouré cette affaire ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres de la corruption et la violence qui règnent dans notre pays. L’élection de Monsieur Peña Nieto ne fera que les accroître inéluctablement, à en juger par la brutalité avec laquelle il s’est conduit à Atenco lorsqu’en 2006 il gouvernait l’Etat de Mexico (cas de répression documenté par ailleurs par la Commission des Droits de l’Homme au Mexique). La gravité et l’ampleur de la corruption du système politique mexicain sont telles qu’elles ne concernent plus seulement les droits et les libertés individuelles des citoyens, français ou mexicains, mais constituent une grave atteinte aux Droits de l’Homme.

C’est en leur nom que nous nous adressons à vous, Monsieur le Président.

Vous vous êtes engagé, lors de votre discours du Bourget, à porter dans le monde les valeurs de la République Française : liberté, égalité, fraternité. Présider la République, avez-vous dit, « c’est prolonger l’histoire de notre pays, qui vient de loin, avant la République, avec la République, et qui a souvent, si souvent éclairé l’histoire du monde. C’est se situer à cette hauteur…c’est être impitoyable à l’égard de la corruption…c’est porter les valeurs de la France dans le monde. C’est considérer les autres peuples pour qu’ils nous estiment en retour…C’est ne jamais transiger avec les fondements du génie français, qui sont l’esprit de liberté, la défense des droits de l’homme… »

Si malgré la forte mobilisation de la société civile auprès des institutions électorales et judiciaires de notre pays pour demander l’annulation de ces élections, Monsieur Peña Nieto était déclaré vainqueur, faisant fi des nombreux cas de corruption, de violence et d’irrégularités autour du scrutin, nous aimerions tout au moins vous voir veiller, comme nous le ferons, au respect des valeurs démocratiques que nous pensons partager avec les français, et ce pendant tout son mandat. Nous avons, hélas, tout lieu de craindre sous son gouvernement, si cela devait se confirmer, une recrudescence de la violence et de la répression – des menaces ont, d’ailleurs, été proférées contre des membres de notre mouvement, pourtant pacifique, tant au Mexique que dans divers pays dont la France.

Si les gouvernements des pays démocratiques n’expriment pas fermement leur engagement sincère dans la défense des droits de l’homme, la « dictature parfaite » (selon le mot de Mario Vargas Llosa résumant le régime du PRI) a de beaux jours devant elle, au Mexique comme ailleurs.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute et très respectueuse considération.

Mouvement « Yo soy 132 » en France

Version español

Sr. François Hollande
Presidente de la República Francesa

París, a 5 de julio de 2012

Señor Presidente,

En calidad de miembros del movimiento mexicano “Yo soy 132” en Francia, deseamos expresarle nuestro profundo pesar por las felicitaciones que dirigió usted al Señor Enrique Peña Nieto, candidato a la elección presidencial en México, aun cuando su victoria no había sido anunciada sino de manera extra-oficial por el Programa de Resultados Preliminares (PREP) del Instituto Federal Electoral (IFE).

Como lo muestran de manera muy documentada los medios de comunicación franceses e internacionales, así como organizaciones no gubernamentales entre las cuales se encuentra Reporteros sin fronteras, la violencia y la corrupción hicieron estragos a lo largo de todo este proceso electoral. Considerando el compromiso que usted asumió de difundir por el mundo los valores democráticos de Francia, habríamos esperado que, aun cuando el protocolo diplomático le impusiera felicitar a este controvertido candidato por su victoria, no lo hiciese usted antes del conteo oficial de los votos ni de la declaración definitiva de los resultados.

Podemos imaginar los que está en juego detrás de estas felicitaciones, en nuestra opinión precipitadas: el desafío de la crisis económica internacional, que debe ser enfrentado de manera concertada, y el deseo de apaciguar las relaciones diplomáticas con México, fragilizadas por el caso de Florence Cassez, lo llevaron ciertamente a dar este paso. Sin embargo, las aberraciones judiciales que rodearon dicho caso son sólo un ejemplo entre muchos otros de la corrupción y la violencia que reinan en nuestro país. La elección del señor Peña Nieto no puede sino acentuarlas ineluctablemente, a juzgar por la brutalidad con la que actuó en el 2006 en Atenco, cuando gobernaba el Estado de México (caso de represión documentado por la Comisión de Derechos Humanos de la República Mexicana). La gravedad y las dimensiones de la corrupción del sistema político mexicano son tales, que ésta ya no concierne únicamente los derechos y las libertades individuales de los ciudadanos, franceses o mexicanos, sino que atenta gravemente contra los Derechos Humanos.

Es en nombre de ellos, Señor Presidente, que nos dirigimos a usted.

En su discurso del Bourget, se comprometió usted a llevar por el mundo los valores de la República Francesa: libertad, igualdad, fraternidad. Presidir la República, dijo usted, “es prolongar la historia de nuestro país, que viene de lejos, desde antes de la República, con la República, y que con frecuencia, con tanta frecuencia, ha iluminado la historia del mundo. Es situarse a esta altura… es ser implacables con la corrupción… es promover en todo el mundo los valores de Francia. Es ser considerados con los otros pueblos para que, a cambio, ellos nos aprecien… Es nunca transigir con los fundamentos del genio francés, que son el espíritu de libertad, la defensa de los Derechos Humanos…”

Si pese a la gran movilización de la sociedad civil ante las instituciones electorales y judiciales de nuestro país para exigir la anulación de estas elecciones, el señor Peña Nieto fuese declarado vencedor, haciendo asi caso omiso de los numerosos casos de corrupción, violencia e irregularidades en torno al escrutinio, desearíamos por lo menos solicitar a usted el que, durante su mandato, vele, como nosotros lo haremos, por el respeto de los valores democráticos que creemos compartir con los franceses. Lamentablemente, tenemos todas las razones para temer durante su gobierno, de ser este confirmado, una recrudescencia de la violencia y de la represión – al respecto, varias amenazas han sido proferidas contra miembros de nuestro movimiento, no obstante su carácter pacífico, tanto en México como en diversos países, entre ellos Francia.

Si los gobiernos de los países democráticos no expresan firmemente su compromiso sincero con la defensa de los derechos humanos, la “dictadura perfecta” (término acuñado por Mario Vargas Llosa para resumir el régimen del PRI) tendrá un largo porvenir, tanto en México como en el extranjero.

Con la más respetuosa consideración, quedamos de usted,

Movimiento “Yo soy 132” en Francia

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :